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Par Ela Kremer

L'unicité et le point fort de Pardes résident, à mon avis, dans la diversité que cette institution offre. Pardes est une yeshiva mixte qui n'est ni affiliée à un parti politique ni à une dénomination religieuse. Cette faculté n'impose aucune pratique ou croyance à ses étudiants. Ainsi, même si, depuis sa création, Pardes a adopté la vision de la Halakha traditionnelle au travers des cours et activités qu'elle propose, cette institution se voit comme une communauté d'étude ouverte à des participants pouvant être adeptes de tous les courrants du judaïsme. En pratique, le crédo de Pardes se traduit par plusieurs options de mynianim pour la prière et, loin des cours excathedra, par la havruta (étude avec un partenaire) comme la base de l'enseignement prodigué. Je pus faire l'expérience de ce concept lors d'une matinée que je passai à Pardes. Celle-ci commença par un cours de choumach, une analyse de textes de la Torah à l'aune de fameux commentateurs comme Rachi, et en l'occurrence, du passage dans Exode sur les décrets de Pharaon. Je me suis trouvée dans une classe de 15 étudiants, principalement des femmes entre 20 et 30 ans, dont l'habillement laissait effectivement transparaître une forte diversité de pratiques et de croyances - allant de femmes mariées en tenue traditionnelle de jupe longue et couvre-chef à d'autres jeunes femmes en pantalons, débardeurs et piercings. Le rabbin invita les étudiants à partager l'analyse réalisée en groupe de deux précédemment. Il reprit les questions distribuées alors pour guider l'analyse et commenta les différentes réponses dans le but ici de comprendre pourquoi Pharon n'avait pas directement tué tous les Juifs, alors qu'ils constituaient un danger pour lui, mais préféra les éliminer progressivement. Comme les autres élèves de ce cours, je fus ensuite invitée dans le Beit Midrash, une grande salle d'études au sein d'une bibliothèque, pour faire l'expérience d'une havruta. L'énergie se dégageant de cette salle où je me trouvais avec peut-être cent cinquante autres étudiants était des plus stimulantes. Tous laissaient voir un grand enthousiasme à apprendre de la percpective de leur partenaire d'étude et à partager la leur. Les questions et les réponses foisonnaient et fusionnaient dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale. Autour de nous, des groupes de tous niveaux déchiffraient les commentaires de Rachi sur le passage des sages-femmes dans Exode.
Je fus convaincue par cette approche pédagogique. Le fait que le texte soit vu pour la première fois au sein d'un groupe de deux et non pas en classe permet à chacun de se faire sa propre idée, développée grâce au dialogue au sein du groupe de deux, sans être influencé par le professeur dans un premier temps. Le sens critique de chacun se retrouve donc renforcé et les questions d'autant plus intéressantes par la suite, lors du cours. Le sujet aura été étudié en profondeur, toutes les questions auront pu être posées sans cette gêne qu'on éprouve parfois en s'exprimant au sein d'une salle de classe. La compréhension de chacun est complétée par le point de vue et les questions du partenaire qui n'auraient peut-être pas été soulevées lors d'une étude individuelle du texte ou dans un cours ex cathedra. Dans un deuxième temps, en claisse, l'analyse est renforcée par les commentaires et questions des autres havrutot et, bien sûr, du professeur.
La matinée se termina par un cours pour tous les étudiants de Pardes, tous niveaux confondus, sur le thème de la shmita. Après avoir rappelé la vision idéale de la shmita et les principes halachiques qui s'y rattachent, les étudiants purent écouter un panel de conférenciers présentant les différentes façons d'appliquer la shmita de nos jours. Ainsi, dans ce cours également, toutes les approches furent présentées et les étudiants purent se faire une opinion en connaissance de cause, en comparant les réponses données à leurs questions.
Pour plus d'informations, consulte notre page consacrée à Pardes
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